Évaluer la survie hivernale des prairies
L’hiver peut représenter l’une des périodes les plus difficiles pour les prairies, en particulier pour la luzerne. Des conditions comme les variations de température, l’excès d’humidité et la présence de glace peuvent affaiblir ou détruire les plants bien avant le début de la croissance printanière. C’est pourquoi une évaluation hâtive des prairies est essentielle. Plus vous évaluez tôt la survie hivernale, plus vous disposez d’options pour protéger le potentiel de rendement et prendre des décisions de gestion éclairées pour la saison à venir.
Quand commencer à dépister les dommages hivernaux ?
Le printemps est le moment idéal pour commencer à évaluer les prairies. Dès que le sol est dégelé et que la luzerne sort de dormance, il est recommandé de dépister les champs afin de détecter des signes de dommages hivernaux ou de mortalité hivernale. Un dépistage hâtif permet d’identifier les zones problématiques avant qu’elles n’aient un impact important sur le rendement de la première coupe et sur la productivité globale du champ.
Quelles sont les causes de la mortalité hivernale de la luzerne ?
La mortalité hivernale de la luzerne est rarement causée par un seul facteur. Il s’agit le plus souvent d’une combinaison de stress environnementaux qui affaiblissent les plants au fil du temps. Parmi les causes les plus fréquentes, on retrouve :
- Les cycles répétés de gel et de dégel, qui peuvent endommager les couronnes et les racines.
- L’inondation et la formation de glace en surface, qui peuvent priver les plants d’oxygène.
- Le déchaussement, lorsque les plants sont soulevés hors du sol, exposant les couronnes et les racines à l’air froid et sec.
Les champs présentant un mauvais drainage ou une faible couverture de neige sont généralement plus à risque de subir des dommages hivernaux.
Principales méthodes pour évaluer la survie hivernale des prairies
Une évaluation complète d’une population de luzerne va au-delà d’une simple observation visuelle. Deux méthodes simples et efficaces — l’évaluation de la santé des plants et le comptage des tiges — permettent d’obtenir un portrait clair de la viabilité de la population.
1. Vérifier si les plants sont vivants
Commencez à évaluer la santé des plants dès que les conditions du sol le permettent. Cette évaluation des racines aide à distinguer les plants qui tardent à reverdir de ceux qui ne se rétabliront pas.
- Déterrez plusieurs plants à différents endroits du champ, à une profondeur de 10 à 15 cm (4 à 6 pouces).
- Examinez la racine pivotante :
- Une racine ferme et turgescente indique un plant vivant et en bonne santé.
- Une racine brunâtre, déshydratée ou fibreuse (aspect filandreux) suggère que le plant est mort ou en voie de mourir.
2. Effectuer un comptage des tiges
Lorsque la croissance aérienne est suffisante (généralement 10 à 15 cm / 4 à 6 pouces), le comptage des tiges constitue l’un des meilleurs indicateurs du potentiel de rendement. Cette méthode est souvent plus fiable que le comptage des plants, puisque la luzerne peut compenser une diminution de densité en produisant davantage de tiges — jusqu’à un certain point.
- Comptez toutes les tiges dans une surface d’un pied carré.
- Répétez l’opération à plusieurs endroits dans le champ et calculez une moyenne.
- À titre indicatif :
- 55 tiges ou plus par pied carré indiquent un plein potentiel de rendement.
- 40 à 50 tiges par pied carré peuvent entraîner une réduction modérée du rendement.
- Moins de 40 tiges par pied carré entraînent généralement une réduction de rendement d’au moins 25 %, et la rotation ou le remplacement de la prairie devrait être envisagé.
Peut-on sursemer de la luzerne dans un une population existante ?
Les décisions de sursemis dépendent fortement de l’âge de la prairie.
- Les luzernières de plus d’un an ne devraient pas être sursemés en luzerne. Des composés auto-toxiques libérés par les plants établis peuvent empêcher la survie des nouveaux semis.
- Il est toutefois possible de sursemer des graminées afin d’augmenter la production de fourragère et d’améliorer l’uniformité du champ.
- Les luzernières de moins d’un an peuvent être ressemés en luzerne, mais uniquement si le champ est déchaumé et ressemé immédiatement. Il s’agit de la seule façon efficace d’éviter les problèmes d’autotoxicité dans les jeunes luzernières.
Planifier les prochaines étapes : ressemis ou rotation
Lorsqu’un prairie est trop clairsemée pour être conservée, une identification hâtive offre davantage de flexibilité.
- Le semis direct est souvent l’option privilégiée.
- Les champs en rotation après le soya conviennent généralement bien au ressemis, puisque la faible quantité de résidus laissés au champ favorise un bon contact sol-semence.
- En cas de rotation après la luzerne, les champs de plus d’un an fournissent normalement assez d’azote pour combler une culture de maïs grain ou de maïs ensilage avec une faible dose d’engrais de démarreur.
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